Comportement

Maltraitance : ces signes qui ne trompent pas.

Vous vous êtes peut-être déjà questionné sur le passé de votre chat, recueilli en refuge.

Vous avez peut-être remarqué certains comportements inhabituels.

Peut-être même des peurs, des surréactions, des situations particulières. Pour vous, anodines, pour lui, surprenantes, stressantes, ou même terrifiantes.

Vous vous demandez donc quelle était sa vie avant de vous connaître.

Dans ce genre de situation, il est délicat d’en apprendre plus sur le passé du chat.

Le refuge qui le prend en charge a généralement très peu d’informations.

Pourtant, cela n’empêche pas de vouloir offrir un nouvel avenir à ces matous dont on ne connaît rien.

Mais parfois, ces sauvetages peuvent s’avérer plus compliqués que prévu et les nouveaux humains sont confrontés à des comportements et des réactions qu’ils ne comprennent pas toujours.

Aujourd’hui, je vous expose les cas de deux humaines, qui après avoir recueilli leur animal en refuge, ont perçu des comportements qu’elles n’arrivaient pas à décrypter.

Laetitia et son chat Cajou – traumatisé par le bruit des clefs.

L’histoire de Cajou commence mal : il est retrouvé avec sa sœur dans une cage, à l’intérieur d’un sac-poubelle fermé.

Lors de son sauvetage, son état de santé est plus qu’alarmant : il est très maigre, couvert de puce, et a la teigne.

Accueilli par Laetitia, un foyer aimant qui lui apporte tous les soins vétérinaires et beaucoup d’amour, Cajou se porte mieux.

Au départ, Laetitia pensait qu’il n’avait jamais connu les hommes et que si l’association ne l’avait pas recueilli, il aurait été un chat sauvage.

Au fur et à mesure des semaines, ils ont commencé à nouer un contact par des séances de jeux, des siestes et Cajou commençait même à suivre sa nouvelle humaine un peu partout.

Pourtant, les contacts physiques sont encore très rares, presque impossibles. Dès qu’elle tend la main, il recule immédiatement, jusqu’à être hors de portée.

C’est pareil quand un jouet le touche. Cajou est très sensible au moindre contact – surtout si ce n’est pas lui qui l’a décidé.

Ces bruits du quotidien ont mis la puce à l’oreille de son humaine.

Une fois dans son nouvel environnement, le chat doit se familiariser avec des nouvelles odeurs, un nouvel habitat et des nouveaux sons.

Il apprendra à reconnaître des nouveaux bruits comme le bruit de la machine à café, le bruit du lave-vaisselle… Mais surtout, le bruit du trousseau de clé.

Dès lors que Cajou l’entend, il entre dans une panique indescriptible.

Laetitia pense qu’il se rappelle du bruit des clés de son ancien propriétaire maltraitant, qui rentrait chez lui.

Elle est désormais convaincue qu’il a été maltraité étant petit.

De plus, il se déplace toujours avec la queue basse, toujours aux aguets, comme s’il ne voulait pas se faire remarquer. Elle a entendu son premier miaulement seulement, il y a quelques semaines.

Elle sent bien qu’il est dans un climat d’inquiétude constant.

Alice et de sa chatte Flocon battue au balai

Alice a recueilli cette chatonne quand elle avait 6 mois. Après plusieurs mois de cohabitation, elle s’est rendue compte que quand elle sortait le balai de sa buanderie, Flocon se cache et est totalement terrorisée.

Ce genre de comportement se retrouve souvent avec l’aspirateur. Dans les premières années de sa vie, le chat ne connaît pas encore ce bruit et il peut avoir peur de cet objet.

Il y a aussi l’odeur. Nous ne nous en rendons pas forcément compte, mais l’aspirateur dégage une odeur, qui peut incommoder certains chats.

Alice est convaincue que son chat a connu une mauvaise expérience avec un balai.

Vu la panique générée par cet objet, il est fort probable que les anciens maîtres de Flocon usaient d’un balai pour frapper ou punir Flocon, quand elle faisait “des bêtises”.

Comment reconnaître un chat victime de maltraitance ?

Le plus souvent, les chats qui ont été maltraités font preuve de timidité et veulent se faire oublier. Ils ont la tête basse, avec des pupilles dilatées et cherche une issue de secours.

Parfois, les chats utilisent l’attaque comme moyen de défense. Cependant, cette attaque n’a pas pour but de véritable vous blessez ou de vous faire mal, c’est juste une solution pour vous impressionner d’un animal apeuré, ne savant plus comment réagir.

Certains personnes usent de violence, qui ne laisse aucune trace sur le corps de nos petits félins, comme des claques par exemple.

La violence physique laisse des cicatrices émotionnelles profondes.

Un ton de voix, une claque ou une odeur peuvent pousser le félin à se mettre dans une position de défense après quelconque association négative qui lui rappelle des mauvais souvenirs.

Si en cas de geste brusque de votre part, avec le bras ou avec la main, vous remarquez que votre chat se fait tout bas, se soumet… Peut-être qu’il a été victime d’abus.

Le chat maltraité est généralement anxieux. Il peut être malpropre, avoir des marquages urinaires, faire ses griffes de façon répétitive… Bref, c’est un chat stressé, perturbé, et loin d’être stable psychologiquement.

Les solutions pour lui faire oublier son passé

La patience 

Il faudra beaucoup de patience pour se familiariser avec votre nouveau compagnon. Rome ne sait pas construire en un jour et c’est pareil pour la relation avec votre boule de poils !

De nombreux humains de chats parlent “d’un déclic”. Dans tous les témoignages que nous avons recueillis, ils parlent souvent d’un moment clé où le chat fait tomber ses barrières et n’est plus aux aguets.

Ce moment vient après une longue période, avec beaucoup de mots, de gestes et de caresses.

Rétablir l’apaisement grâce à la désensibilisation.

Si votre chat associe un objet comme un trousseau de clé ou un balai à une expérience négative, vous pouvez le désensibiliser à ses objets. C’est un travail de longue haleine, mais il est essentiel.

Pour cela, il faut rendre l’objet inoffensif et quotidien. C’est un peu comme les chats qui ne découvrent la boite de transport uniquement le jour où il faut aller chez le vétérinaire. Je m’explique.

Vous pouvez laisser l’objet dans son environnement en permanence. Au départ, évitez de le mettre à un endroit délicat (nourriture, litière, coussin). Il peut simplement être disposé dans un coin du couloir. Le tout est que votre chat le voit, puisse l’observer, et passer à une certaine distance. Vous pouvez aussi disposer quelques friandises autour de ces objets.

Au fur et à mesure, vous pouvez rapprocher cet objet de son panier par exemple (tout en mettant des friandises autour). Ou même lui proposer une friandise dans une main alors que vous avez l’objet dans l’autre (sans qu’il fasse de bruit, si ce sont des clefs par exemple).

Si cela vous intéresse, je pourrai faire une newsletter spécifiquement sur ce sujet.

Votre chat a peur de vous ? Renforcez-vous positivement !

La première étape est de comprendre les raisons pour lesquelles votre chat réagit comme cela.

Est-ce dans une pièce précise ? Dans un cadre spécifique ? Selon le nombre de personnes présentes ? Est-ce seulement avec les femmes ? Les hommes ?

Observer son chat, comprendre ses réactions et ses comportements, c’est aussi réfléchir à une solution adaptée pour l’aider.

Si votre chat ne s’approche pas de vous, surtout laissez-lui le temps dont il a besoin.

Faites en sorte d’être toujours quelque chose de positif pour lui.

Soyez la personne qui lui donne des friandises (en lui donnant dans la main si ça va, sinon en les lui lançant à bonne distance).

Donnez-lui sa pâtée puis éloignez-vous.

Reculez pour le laisser passer dans un espace étroit si vous sentez que le stress monte.

À côté, évitez tous les événements qui pourraient vous associer à quelque chose de négatif comme : le porter, forcer le contact, le surprendre, être insistant, bruyant, brusque… Ces chats sont souvent particulièrement sensibles.

Leur niveau de tolérance est bas et construire une relation solide avec eux ne se fait pas du jour au lendemain. Il faudra être très patient.

Prenons l’exemple de Taïs ; elle déteste être portée, les inconnus sont incapables de l’approcher, elle fuit à la moindre agitation, mon entourage peut la toucher uniquement si elle est en hauteur et si elle le sent…

À côté, cela fait 16 ans que je veille à sa protection et au respect de ses besoins. Certes, elle a mis 10 ans avant de s’installer sur moi pour un roupillon, mais ce fut une sacrée victoire ! Et certains chats n’y arriveront jamais.

Il est aussi important d’accepter la personnalité de son matou et des traumas qu’il porte.

Seulement, reconnaître les signes d’une possible maltraitance, c’est déjà un grand pas pour aider votre félin à aller mieux.

Prenez soin de vous,
Louise, Laotse et Taïs.

1 commentaire sur “Maltraitance : ces signes qui ne trompent pas.

  1. Simier Marylene dit :

    Très intéressant pour comprendre le comportement de chats abandonnés et ou maltraités .

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