Comportement

N’essayez pas de contrôler votre chat

Aujourd’hui, je vous parle des deux revers d’une pièce.

Une pièce qui joue un rôle crucial dans le comportement de votre chat.

Une pièce que peu de personnes comprennent… Mais qui, une fois acquise, débloquera de nouveaux paliers dans la compréhension du comportement de votre chat.

Cette pièce a deux faces :

  1. La face négative – il faut à tout prix éviter que la pièce tombe de ce côté. Cette face nocive pour « l’éducation », c’est l’auto-renforcement.
  2. La face positive – le revers, la solution à l’auto-renforcement : la gestion de l’environnement.

L’auto-renforcement et la gestion de l’environnement sont au cœur du comportement animal : je vous explique exactement comment ces mécanismes fonctionnent, et comment les mettre à profit, dans cette lettre.

La face « sombre » de la pièce : l’auto-renforcement.

Prenons 3 exemples de bêtises.

  1. Le chat qui vole la nourriture à sa portée
  2. Le chat qui feule lorsqu’un étranger s’approche
  3. Le chat qui fait pipi en dehors de sa litière

Votre chat ne fait pas ses bêtises pour vous embêter. Il les fait parce qu’elles lui apportent du plaisir, ou du soulagement.

  1. Voler de la nourriture lui permet de se régaler.
  2. Feuler sur les gens les fait partir, le chat est satisfait d’avoir éloigné une menace potentielle.
  3. Faire pipi dans un lieu où il se sent en sécurité le soulage.

Ces bêtises sont donc agréables pour votre chat – et peu importe s’il se fait gronder après.

Et comme ces bêtises lui apportent quelque chose de positif… Eh bien votre chat sera plus susceptible de les réitérer par la suite.

C’est ça, l’auto-renforcement : à force de répétitions, le chat renforce, tout seul, un comportement que l’on juge indésirable. Et plus il le répète, plus ce « mauvais » comportement est ancré dans ses habitudes – et difficile à corriger !

Voilà pourquoi il faut à tout prix éviter ce mécanisme. Mais comment faire ?

La face « lumineuse » de la pièce : la gestion de l’environnement.

Parfois, vous n’avez même pas besoin d’agir directement sur votre chat afin de résoudre un problème de comportement.

Parfois, il suffit de gérer… son environnement.

Reprenons nos 3 exemples de bêtises.

Si le chat vole de la nourriture

Que se passerait-il si, pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, il n’y avait plus de nourriture laissée sur la table basse ? Sans surveillance dans la cuisine ? Il n’aurait plus l’occasion de répéter son mauvais comportement, qui s’effacerait peu à peu. Vous pourrez, quelques mois plus tard, laisser de la nourriture sur la table, et votre chat n’y touchera pas.

Le chat qui feule sur les étrangers

Et si, plutôt que de le laisser être manipulé par tous, on le laissait avoir son coin de repos quand il y a des invités ? Et si, quand il rencontre un nouvel individu, vous le récompensiez systématiquement ? L’environnement serait tel qu’il perdrait alors l’habitude de feuler sur les inconnus.

Le chat qui fait pipi en dehors de sa litière

Et si, au lieu de laisser la litière dans une zone de fort passage, vous la mettiez à un endroit qui lui convient davantage ? Et si, à chaque fois qu’il allait dans sa litière, vous le récompensiez abondamment ? La place de la litière n’est peut-être pas adaptée, ou votre chat est peut-être stressé par quelque chose, régler cela et les problèmes d’éliminations hors litière ne seront plus qu’une histoire ancienne.

Bref, vous l’avez compris : en gérant l’environnement de votre chat, vous évitez qu’il s’autorenforce dans des comportements indésirables.

Mon chat fait une bêtise : n’est-il pas plus simple de simplement le punir ?

Plus simple : oui. Plus efficace… Eh bien en fait, pas du tout, et pour 3 raisons.

1. La punition génère la peur, voire l’agressivité

Oui, souvent, la réprimande génère des chats « obéissants ». Mais à quel prix ?

Voici l’exemple de Galileo, un matou angora que j’ai connu il y a quelques années. Galileo n’a jamais été battu. Mais quelques jours après son adoption, son propriétaire veut le faire descendre du lit – Galileo n’a pas le droit d’y aller. Son maître le gronde, et l’attrape pour le faire descendre. La réaction de Galileo est immédiate : il se sent agressé, et il mord.

Son maître a alors deux options.

Soit, il le punit assez sévèrement pour qu’il ne recommence pas. Le risque, avec cette première option, est que Galileo réagisse à son tour de manière encore plus violente. Leur relation de confiance tombe définitivement à l’eau.

Heureusement, le propriétaire de Galileo a choisi la seconde option. Il a appris à son chat l’ordre « tu descends ! ». Il le récompense quand il s’exécute. À chaque fois que Galileo va se coucher ailleurs, il a une friandise. En un rien de temps, il ne retourne plus sur le lit. Et son maître n’a pas eu besoin de le punir une seule fois.

2. La punition n’apprend rien. Au contraire, elle nuit à l’apprentissage.

Quand je gronde mon chat parce que, par exemple, il fait ses griffes sur mon canapé, il ne sait pas ce qu’il doit faire de mieux. Il doit comprendre ce que j’attends de lui à la place du comportement indésirable. Il est bien plus judicieux et agréable de le récompenser lorsqu’il fait ses griffes sur son arbre à chat.

Surtout, c’est aussi une méthode qui est plus efficace. Différentes études ont démontré qu’un animal stressé passe en « mode survie ». En effet, le stress généré par une punition va sécréter des hormones, comme :

  • le cortisol, qui va augmenter le taux de sucre dans le sang et favoriser l’hyperactivité ;
  • la noradrénaline, qui va diminuer le champ de vision pour mieux localiser la menace ;

Résultat : votre chat a du mal à se concentrer. Sa mémoire ne fonctionne pas comme elle le devrait. Au lieu d’accélérer ses mécanismes d’apprentissage, la punition et le stress, leur nuit.

3. Un crescendo de la violence

Plus on punit, plus la punition est forte. C’est prouvé sur une étude portant sur des rats. L’animal s’habitue à l’intensité d’une sanction. Il faut donc l’augmenter pour obtenir un même résultat.

À force de crier sur son chat, on devient assez rapidement un bruit de fond sans intérêt. Comment espérer se faire écouter dans ces circonstances ?

Vous n’avez pas besoin d’attendre que votre chat fasse une bêtise pour améliorer son comportement.

Ne ‘profitez’ pas de son mauvais comportement pour lui apprendre une leçon. Au contraire : gérez l’environnement de votre chat pour le mettre constamment en position de réussite ; pour l’encourager à réaliser les bons comportements.

Quand Minet commet une erreur, le premier réflexe ne doit pas être de le gronder. Demandons-nous plutôt : « Comment changer son environnement pour que cela ne se reproduise plus ? ».

Prenez soin de vous,
Louise, Laotse et Taïs.

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