Comportement

Chat et chien, faits pour s’entendre ?

Certains d’entre vous arrivent à faire cohabiter, sous le même foyer, chat et chien très facilement. Preuve que c’est bien du domaine du possible.

Quand chaton et chiot grandissent ensemble.

Les animaux les plus habitués à l’autre espèce sont ceux qui ont pu, bébé, évoluer auprès d’eux. Qui n’a jamais regardé ces vidéos sur internet de chatons et de chiots qui se rencontrent pour la première fois et qui finissent, plus grand, par faire leur sieste l’un collé à l’autre ?

Souvent, les débuts sont un peu délicats. Le chiot remue la queue, peut être un peu brusque et avoir envie de jouer, le chaton lui, est plus sur la réserve, il hérisse le poil, crache et s’éloigne de cet être étrange.

Bien entendu, l’inverse peut aussi très bien arriver. Certains chatons n’ont peur de rien et sont prêts à jouer avec une bête 3 fois plus grosse qu’eux. 😉

Tout cela pour dire, que les animaux ayant eu l’occasion de vivre ensemble jeune, auront plus de facilité avec les êtres de l’autre espèce dans leur vie. Pour eux, vivre auprès de l’autre espèce est loin d’être exceptionnel, et ils ont appris à communiquer avec.

Alors qu’un chat, comme Taïs par exemple, qui a 14 ans, qui n’est pas très sociable et qui en plus, n’a jamais vu le moindre museau d’un chien, ce n’est pas la même affaire pour les voir dormir dans le même panier.

Tout cela pour vous dire que le plus facile, est de les avoir bébés ensemble. Mais cela n’empêche pas d’avoir de bonnes surprises et de pouvoir faire cohabiter un chat et un chien même plus âgé, le tout est de trouver un bon équilibre et d’utiliser les bonnes méthodes.

À chacun son espace !

Afin de rendre la cohabitation des plus agréables pour tout le monde, il est primordial de faire en sorte que chacun puisse assouvir ses besoins propres à sa race et à sa personnalité.

Par exemple, l’arbre à chat est un incontournable. Nos matous apprécient particulièrement être en hauteur, cela leur permet d’observer, de s’isoler, et même de s’apaiser.

En plus, c’est la solution parfaite s’il ne souhaite pas être dérangé par le chien. C’est son coin, son espace personnel et personne n’y a accès. Il doit pouvoir avoir suffisamment confiance en cet espace et savoir que lorsqu’il s’y trouve, on le laisse tranquille.

Idem, le chien doit lui aussi avoir son coin personnel. Bon, cela est souvent un panier que le chat peut facilement venir envahir mais si celui-ci a ses propres coussins et paniers en plus de son arbre à chat, il y a moins de chances à ce qu’il s’approprie le panier de Médor.

Bien entendu, on ne mettra pas les différentes ressources du chat et du chien à proximité. Par exemple, on évite la litière de Félix juste à côté du coin repos du chien. N’oublions pas qu’à l’origine, le chien est un prédateur du chat.

Et lorsque minet fait ses besoins, il est dans une situation de vulnérabilité. Il serait dommage de le voir déserter sa litière uniquement parce que celle-ci est trop proche du panier du chien (et bonjour les odeurs pour Médor).

5 étapes pour les faire se rencontrer… et des friandises pour les faire s’apprécier !

Si vos animaux n’ont pas eu la chance de vivre ensemble bébés, il vaut mieux essayer d’optimiser vos chances :

  • Vous pouvez faire en sorte de prendre un animal ayant déjà côtoyé l’autre espèce,
  • Ou prendre le nouvel arrivant bébé.

En bref, un chien ayant passé sa vie à attraper des chats n’est peut-être pas la meilleure solution. Ensuite, il sera essentiel de faire en sorte que chaque être devient quelque chose de positif pour l’autre.

Mais avant cela, on les fait se rencontrer progressivement :

Au départ, chacun à son espace, ils ne se voient pas et ne se sentent pas, l’idée est déjà de mettre à l’aise le nouvel arrivant dans ce tout nouvel environnement.

Ensuite, chacun découvre un objet (panier, jouet, couverture…) avec l’odeur de l’autre animal. Afin qu’ils puissent tous deux découvrir l’existence de l’autre, sans pour autant le rencontrer directement. Il suffit d’échanger une des peluches de Médor avec un coussin de Minet.

Prochaine étape, la frontière commune. Les animaux peuvent se renifler en dessous de la porte par exemple mais ils ne se voient toujours pas. C’est simplement pour commencer à découvrir réellement l’existence de l’autre en leur donnant la possibilité de se sentir directement et non à travers un objet.

Avant-dernière étape, on leur permet de se voir, sans se toucher. Par exemple, ils peuvent être séparés par une baie vitrée. Ils ont déjà eu l’occasion de sentir l’odeur de l’autre, il est temps de voir à quoi ressemble cet énergumène !

Et enfin, on les fait se rencontrer dans une pièce, ouverte bien entendu, et qui permet à chacun de s’en aller, s’il le souhaite. Il ne faut surtout pas les bloquer, ou que l’un se sente dépassé par les événements et incapable de fuir la situation. Les humains présents doivent aussi faire attention à ne pas être trop stressés ou sur le qui-vive, sinon, il y a un risque de transmettre ces ressentis aux animaux et détériorer leur moment de rencontre.

Comme j’ai l’habitude de le dire, chaque animal va à son rythme. Pour certains, une étape peut durer 2 jours, 1 semaine, 3 semaines… Afin de ne pas brusquer vos animaux ou de les stresser également, veillez à ne pas vouloir aller trop vite dans les étapes non plus.

Attendez bien que chacune d’entre elles soient intégrées et deviennent un événement banal de leur quotidien.

Au fur et à mesure de ces étapes, pensez à bien récompenser vos animaux. Par exemple, en donnant une friandise lorsqu’ils reniflent sagement l’odeur de l’autre, ou lorsqu’ils se voient sans grogner, feuler ou aboyer, et surtout, lorsqu’ils sont ensemble.

Récompensez aussi les moments où ils ne réagissent pas et si vous en avez un qui se met à grogner, ne le grondez pas ! Il associera l’autre en face comme quelque chose de négatif étant donné qu’il s’est fait gronder en sa présence. Plus cela est récurrent, plus l’association négative sera forte, et plus difficile sera la marche arrière.

Ils ont besoin de se comprendre et de se cadrer, les moments d’aboiements et de feulements sont tout à fait normaux. Tant que cela ne mets pas en danger l’un des animaux, laissez-les communiquer.

Le renforcement positif se pratique au quotidien, même des mois après les premières rencontres, alors on n’hésite pas à montrer que la présence de l’autre sera toujours un avantage pour eux. 🙂

Au besoin, n’hésitez pas non plus à vous faire accompagner par un comportementaliste félin. Il pourra vous rassurer, vous aider et vous évitera peut-être de faire certaines erreurs. 😉

Prenez soin de vous,
Louise, Laotse et Taïs.

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