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Vos chats sont-ils faits pour cohabiter ?

Il y a peu, mon amie Juliette, dont je vous ai déjà parlé sur ma lettre sur les boules de poils, a adopté une petite chatonne de quelques mois, prénommée Olympe.

Hermès porte haut ses 11 printemps. Véritable taulier de la maison, il est seul sur son territoire depuis de nombreuses années.

Alors quand Juliette a voulu adopter une petite chatonne de 5 mois, elle s’est posée des questions.

Nous en avons discuté afin que la cohabitation se passe au mieux.

Elle sait qu’Hermès est bonne pâte et tolère bien la présence de ses congénères, tant qu’ils ne l’embêtent pas.

Pourtant, en adoptant Olympe, le loup est entré dans la bergerie : bêtise, embuscade, course-poursuite, dérangement dans les siestes… La retraite que s’imaginait Hermès ne se passe pas tout à fait comme prévu.

Au préalable…

Une des meilleures choses à faire quand on a le projet d’adopter deux chats, c’est de les adopter ensemble.

Certes, mais c’est plus facile à dire qu’à faire… L’arrivée d’un chaton doit déjà être préparée en amont. C’est déjà un chamboulement dans l’habitude d’un foyer.

Alors, adopter deux chatons ou deux chats en même temps, cela peut effrayer les futurs adoptants.

On préconise aussi de les adopter à quelques mois d’écarts. Pourtant, il est difficile de trouver son rythme de croisière avec son premier chat. On veut profiter un maximum, voir ses premiers miaulements, ses premières galipettes, le voir goûter sa première pâtée…

Il est vrai qu’un chat adulte peut mal supporter l’espièglerie d’un chaton. Il va solliciter son compagnon, pour jouer et faire des bêtises. Mais cela dépend des chats ! Un chat adulte peut tout à fait s’accommoder de la présence d’un nouvel arrivant dans son foyer. Je vais vous en faire la démonstration dans cette lettre !

Nous savons que les humains de chats font le maximum pour leur chat. S’il n’est pas possible d’adopter deux chats en même temps pour vous (par manque de temps, de moyens…), je vous explique comment Juliette s’en est sortie.

Et cette rivalité entre mâles ?

On dit souvent que deux chats ne vont pas s’entendre. Que cela va monter dans les tours, se mettre des coups de griffes pour protéger son territoire…

Cela dépend évidemment du caractère de vos deux chats… Si vous remarquez que votre premier chat ne supporte pas la présence du chat de votre amie ou celui de la famille et qu’il n’aime pas beaucoup les chats du voisinage, lui imposer la présence d’un chaton n’est pas forcément la meilleure chose à faire.

On dit généralement que deux chats de sexes opposés vont mieux s’entendre. Tout comme la cohabitation entre deux femelles. Mais ce n’est pas forcément vrai, Laotse a eu du mal à se faire intégrer par Taïs, heureusement, c’est une très bonne patte.

Je pense que c’est plus une question de caractère que de sexe. Dans tous les cas, les humains de chats font du mieux qu’ils peuvent.

L’arrivée d’un chaton : ça se prépare !

Tout d’abord, d’un point de vue sanitaire : il faut s’assurer que les tests FIV et leucose ont été effectués. Il faut aussi vérifier que les vaccinations et les traitements antiparasitaires sont bien à jour.

Deux mots au programme : patience et prudence ! Il ne faut jamais forcer le contact entre deux chats, mais plutôt les laisser gérer. Il peut y avoir quelques courses poursuites, quelques touffes de poil qui volent, car c’est tout à fait normal.

Laissez-les s’exprimer ! On pourrait penser qu’un grognement est signe de mauvais augure. Mais ils communiquent simplement.

Toutefois, si vous remarquez que l’échange tourne au fiasco, je vous conseille de détourner leur attention grâce à un jouet par exemple. Si cela ne fonctionne pas et que la situation s’envenime, faites du bruit en tapant dans vos mains.

L’idée est de les laisser échanger, mais d’éviter d’en arriver à la blessure.

Isoler le petit chaton

Juliette à commencer par isoler le nouvel arrivant dans une pièce, pour qu’il n’y ait aucun contact visuel entre les deux chats.

Vous pouvez ouvrir sa caisse de transport et le laisser explorer la pièce.

Je lui ai conseillé ensuite de prendre la caisse de transport du chaton et de mettre dans le salon par exemple. Votre premier chat va pouvoir examiner son odeur et l’apprivoiser.

Laissez cette caisse jusqu’à ce qu’il ne s’y attarde plus. À l’inverse, n’hésitez pas également à apporter un objet avec l’odeur de votre premier chat dans la pièce du chaton.

Vous pouvez faire des allers-retours fréquents vers la pièce dans laquelle est le chaton. Les chats ont le besoin d’examiner leur environnement avant de pouvoir commencer un contact social.

Rassurer son premier félin

Votre chat peut se mettre à grogner ou à vous sentir lorsque vous revenez vers lui, en sentant une nouvelle odeur.

Son attention va se porter devant cette porte et se mettre à la renifler. Je vous conseille de ne pas lui ouvrir de suite, le temps qu’il se mette en tête cette nouvelle senteur.

Juliette s’est bien-sûr comporté de manière tout à fait habituelle avec Hermès. Elle lui a accordé du temps, la rassurée, il ne devait pas avoir moins d’attention que d’habitude.

Se voir, mais sans contact physique

C’est la deuxième étape du processus de rencontre entre deux chats. Vous pouvez par exemple utiliser une baie vitrée ou mettre une vitre transparente dans l’encadrement de la porte pour que chacun puisse se voir et s’analyser.

La rencontre peut aussi se faire entre une porte avec une ouverture transparente.

La rencontre totale

C’est la dernière étape. Elle doit se faire seulement quand votre premier chat semble calme en présence des nouvelles odeurs et qu’il ne grogne plus, ou qu’il n’ait plus de réactions de reculs ou d’une possible agressivité.

Vous pouvez ouvrir la porte de la pièce et leur donner accès à un maximum d’espace. Les deux chats doivent pouvoir fuir s’ils le souhaitent, et grimper en hauteur par exemple (arbre à chat).

Encore une fois, la patience est de rigueur. Deux chats ne deviendront pas les meilleurs amis du Monde en quelques heures. Il faudra plusieurs jours, voire des mois dans le cas de Juliette.

Être en alerte par rapport aux signaux de stress

Juliette a été très attentive à l’après-rencontre. Elle faisait attention aux signes de toilettage excessif, des vomissements après les repas, de la malpropreté par exemple.

Elle mettait autant de litière que possible dans la maison, à des endroits stratégiques. Elle séparait les repas dans un premier temps.

Tous les points de ressource (alimentation, eau, litière) étaient multiples, séparés et dans des endroits ouverts où la fuite est facilement possible.

Et après ?

À la suite de cette phase de rencontre, il a fallu plusieurs mois pour qu’Olympe et Hermès s’apprivoisent.

Ça n’a pas été le grand amour tout de suite.

En effet, Hermès grondait fréquemment Olympe qui lui mordait la queue, lui sauter dessus par surprise au détour d’une porte ou voulait s’allonger dans son couchage.

Olympe était avide de contact. Elle demandait de l’attention et des jeux de la part de son compagnon.

Pour Hermès, c’était autre chose. Il n’était pas dans la demande de contact, mais il ne les rejetait pas non plus.

Aujourd’hui, qu’en est-il ?

Aujourd’hui, il arrive à Juliette de voir Olympe et Hermès dormir collés l’un à l’autre dans le même couchage.

Il lui arrive aussi de les voir se toiletter mutuellement. Hermès lèche la tête d’Olympe et inversement.

Le toilettage mutuel permet de renforcer le lien social. Les chats ne font pas la toilette de n’importe qui. Il faut qu’ils se connaissent, voire qu’ils vivent ensemble.

Ils peuvent s’aider mutuellement à atteindre certaines zones de leurs corps qu’ils ne parviendraient pas à atteindre en temps normal (le cou, la tête, la nuque…).

Le recours à la toilette permet aussi d’apaiser les tensions. Dans ce cas, la toilette permet de réorienter l’agression et d’assurer un climat de confiance entre les deux félins.

Finalement, la cohabitation a mis plusieurs mois avant d’être optimale. Il faut parfois s’armer de patience pour que le quotidien rime avec entente et bienveillance.

Il n’y a que vous qui connaissiez suffisamment bien vos matous pour savoir si un nouvel arrivant sera bien accepté. Par exemple, suite à l’arrivée de Laotse, je sais que Taïs a atteint son quota et qu’au vu de son âge, elle n’accepterait plus de nouveau congénère.

À bientôt 16 ans, elle les voit davantage comme de potentiels assaillants que comme des compagnons.

Maintenant, vous savez tout sur la cohabitation, qui peut être d’un premier abord compliqué, entre un chaton et un chat adulte.

Prenez soin de vous,
Louise, Laotse et Taïs.

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